Les vers de terre, amis historiques du compost

Les vers apprécient une terre pas trop dure et assez humide, comme celle de la plupart des potagers. Si tu connais quelqu’un qui a un potager, tu peux lui demander s’il a l’habitude d’en voir (c’est toujours une bonne idée de demander). Après avoir trouvé un endroit avec de la terre molle et humide, essaie de creuser un peu, avec une petite pelle, une binette ou même avec tes mains (si tu ne veux pas te salir, tu peux mettre des gants de jardinage).

Quelques indications :

  • Si la terre est très sèche, mouille-la avec un peu d’eau.
  • Prends un seau et mets-y un peu de terre. Tu y mettras les vers pour les observer.
  • Fais attention, quand tu creuses, à ne pas couper les vers en deux.

Les vers de terre aident le jardin, aidons les !

Protéger les vers de terre :
Les lombrics qui vivent dans la terre sont des aides précieux pour le jardin et la nature d'une manière plus générale. Invisibles ou presque, ce sont des travailleurs acharnés, qui participent à la dégradation des matières organiques ainsi qu'à l'amélioration du sol. Jamais trop nombreux dans nos jardins, ils méritent que nous agissions pour les favoriser davantage. Une aide facile à mettre en oeuvre, tout au long de l'année. 

Les rôles des vers de terre
On oublie vite ces travailleurs souterrains, qui ne se montrent que lorsque l'on travaille le sol dans le jardin, soit pour préparer une planche ou un nouveau massif, soit pour planter. Mais leur vie sous terre ne doit pas faire oublier leurs actions, capitales pour la santé du sol, support nourrissier des plantes, et pour les végétaux eux-mêmes qui bénéficient plus qu'on ne le pense des bienfaits des lombrics de toutes sortes. Les principales tâches effectuées par ces invertébrés vermiformes sont :
- la décomposition de la matière organique et son incorporation dans le sol,
- l'aération du sol par le création de nombreuses galeries verticales et par l'accroissement de sa porosité,
- le déplacement et la remontée des éléments nutritifs qui avaient été lessivés dans les couches plus profondes du sol,
- l'enrichissement de la terre par le rejet de déjections, les turricules visibles à la surface du sol, qui contiennent environ 50 % de plus de matières organiques que le sol non digéré, 7 fois plus de phosphate, 10 fois plus de potasse, 5 fois plus d’azote, 3 fois plus de magnésium et bien d'autres oligoéléments encore,
- une meilleure irrigation des différentes couches du sol, l'eau circulant plus en profondeur en empruntant les galeries.
- l'accroissement de la capacité d’enracinement des végétaux dont les racines empruntent les galeries creusées et se faufilent dans les différentes strates du sol,

Des animaux fragiles, trop souvent négligés
Combien de jardiniers ont, sans le vouloir, coupé des vers de terre en labourant ou en ameublissant le sol de leur jardin ? Presque tous sans aucun doute... Et un vers coupé en deux ne donnent pas deux vers contrairement à ce que beaucoups pensent !
Il existe différentes espèces de vers de terre, inféodées à différentes profondeurs dans le sol. Chaque labour avec retournement perturbe grandement la petite faune souterraine en la délogeant de son habitat naturel et en l'exposant de façon soudaine à des conditions qui ne lui sont plus favorables. Soit l'environnement est trop pauvre en oxygène (couche profonde du sol), soit l'exposition aux rayons chauds et desséchants du soleil est trop forte ainsi que la quantité d'oxygène trop importante (couche de terre superficielle et surface).
Quand on nourrit les plantes avec des engrais chimiques, sans faire d'apport d'humus et de matières organiques, on participe à la déstructuration du sol et on prive ces petits animaux d'une source importante de nourriture.
Les passe-pieds dans le potager sont des endroits où le sol se tasse d'autant plus que les passages sont fréquents et que l'on laisse la terre nue, sans paillis protecteur. Hors plus le sol est tassé, moins les vers de terre peuvent se développer. Sous l'effet d'un tassement important, la population des vers peut diminuer de moitié et il faudra de longs mois et même plusieurs années pour qu'elle se régénère.
L'apport de produits toxiques en surface ou dans le sol est aussi une cause de la diminution des populations de vers de terre. D'où l'importance de ne jamais vider le surplus de produit de traitement sur la terre.

Les gestes qui favorisent la présence et la multiplication des vers de terre
Les actions préconisées pour le jardinage biologique ont des effets à priori favorables sur l'entretien et le développement des populations de vers dans le sol. Mais certaines sont à privilégier :
- Ameublir le sol sans retournement, en employant une grelinette ou une aérabèche par exemple. La permaculture qui proscrit tout travail du sol est aussi une méthode de culture qui favorise la présence et l'action des vers et microorganismes dans la terre.
- Éviter de laisser la terre à nue, soit en épandant des paillis au pied des cultures et dans les passe-pieds, soit en semant des engrais verts dans les planches qui ne sont plus cultivées pendant quelques semaines ou quelques mois.
- Délaisser les engrais chimiques pour privilégier l'emploi de fertilisants organiques.
- Amender le sol avec du compost ou des fumiers. Ces amendements sont plutôt répandus en surface, et ce d'autant plus qu'ils ne sont pas bien mûrs et décomposés.

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.