Supermarchés : le parcours de la tentation !

Quand on fait ses courses au supermarché, on se promet toujours d'être raisonnable. Mais, chariot à la main, difficile de résister quand tout incite à consommer encore et encore.

  • Il y a plus de 2 000 hypermarchés et 10 000 supermarchés en France. 
    Source : France Info.
  • 20 kg dont 7 kg d'aliments encore emballés, c'est ce que jette, chaque année, un Français.
  • 2 français sur 3 achètent leur nourriture en supermarché ou hypermarché.
  • 80 % des produits français sont destinés à la grande distribution nationale .
    Selon le ministre de l'Agriculture.
  • 110 milliards d'euros. C'est le chiffre d'affaires annuel des hypers et des supers en France.
    Source : France Info
  • 15 oct. 1958, ouverture du 1er supermarché (Express-Marché) en France.

Armée de son chariot et de sa liste de courses, la famille On-mange-quoi est prête à s'aventurer dans ce drôle de monde qu'est le supermarché.
Au beau milieu des allées et des rayons, il lui faudra rester très concentrée pour n'acheter que le strict nécessaire ! Car, si on trouve tout ce qu'on cherche dans les grandes surfaces, on y déniche aussi tout ce qu'on ne cherche pas. Et les enseignes regorgent d'idées pour nous donner envie d’acheter plus, de meilleure qualité, ou de nouveaux produits !
Un fonctionnement appliqué depuis l’entrée du magasin jusqu’aux caisses. Ici, comme dans tous les supermarchés, le parcours du client est étudié et calculé pour qu'il remplisse le plus possible son chariot ! C'est pour cela que les produits "indispensables'' sont plutôt à chercher... au fin fond du magasin.

L'entrée :

L'entrée d'un supermarché se situe toujours sur la droite. Logique puisqu'en France, c'est dans cette direction que l'on se dirige naturellement après avoir passé la porte d'entrée.Cela s'appelle la "tendance droitière" . Et c'est pour cette raison que ce qui n'est pas alimentaire (mode, accessoires, beauté, équipements coûteux) est placé au début du magasin. 

L'allée centrale :

Opération séduction :
L'allée centrale est celle que l'on emprunte dès l'entrée du supermarché. Elle commence dans la zone chaude (la première moitié du magasin), où les clients ont encore leur chariot quasi-vide et sont prêts à faire des achats impulsifs ou coups de cœur. Les grandes surfaces le savent bien. Elles profitent de cette zone pour monter des opérations, saisonnières ou non, accompagnées parfois d'animations.
La Chandeleur est un bon prétexte pour booster les ventes de Nutella®. Et quand, en plus, un employé fabrique sur place de délicieuses crêpes, l'envie "spontanée" de "choco” est multipliée par 10 !
La vue, l'odorat... tous nos sens sont sollicités ! Jusqu'aux playlists musicales, spécial Noël ou spécial jeunes... C'est essentiel que le client se sente bien dans son magasin !

La tête de gondole

Tout pour être vu :
En bout de rayon, là où les produits sont les plus visibles, se trouvent les têtes de gondole ! Les articles qui y sont présentés ont fait l'objet de négociations serrées entre le distributeur (l'enseigne) et le fournisseur (la marque), qui a tout intérêt à placer ses produits à cet endroit stratégique. La famille On-mange-quoi, comme tous les autres clients, sera bien obligée de passer devant, alors qu'elle n'avait peut-être pas prévu d'entrer dans ce rayon précis. Encore une bonne occasion d'acheter un produit qui n'était pas sur la liste des courses...
Les promos, celles des prospectus glissés dans nos boîtes aux lettres, sont souvent placées là. Et les représentants des marques, qui payent le magasin pour être mises en valeur, vérifient que les supermarchés le font bien !

Rayon frais

Chacun sa place :
Il est temps de faire halte au rayon frais.
Toute la famille On-mange-quoi est concernée. Difficile de savoir quel yaourt choisir, tant il y en a !. Pourtant, ces desserts ne sont pas rangés n'importe comment... Ici encore, tout été soigneusement réfléchi. Les produits de marque, les plus chers, sont placés à la bonne hauteur pour sauter aux yeux du client. Les produits de marque distributeur sont légalement bien situés. Évidemment, puisque ce sont eux qui rapportent le plus d'argent à l'enseigne. Mais ils doivent rester de 15 à 20 % moins chers, car à prix quasi-égal avec une marque connue, le client ne se tournerait pas vers eux ! En bas, sont disposés les produits premier prix, ainsi que les gros volumes.

Le rayon fruits & légumes

Ambiance campagne :
Le coin des fruits et légumes est souvent le plus agréable. Tout est prévu pour. En particulier dans les grandes villes, où on aime avoir le sentiment de faire ses courses chez un petit commerçant, voire au marché. D'ailleurs, la lumière n'est pas la même selon les zones du magasin. Il faut avoir l'œil pour le remarquer. Ici, elle est plus jaune, afin de mieux souligner les formes et les couleurs des légumes et des fruits présentés avec soin. Des brumisateurs maintiennent leur fraîcheur, pour donner l'impression qu'ils viennent d'être cueillis ! Au fil des saisons, l'espace va évoluer.
En hiver, la famille On-mange-quoi va y trouver beaucoup plus de clémentines...
Et normalement, les fraises ne reviennent qu'au printemps. Quant aux bananes, elles se consomment en très grandes quantités tout au long de l'année. Cependant, nous avons pris la mauvaise habitude d'acheter n'importe quel fruit ou légume, quelle que soit la saison. Est-ce vraiment bien raisonnable ?

Le rayon lait

La fin de parcours :
Le lait, produit de base par excellence, se trouve au fond du magasin, dans la zone froide. La famille On-mange-quoi aura donc traversé tout le supermarché et ses multiples tentations pour finir par mettre la main dessus !.

Et enfin, direction la caisse

L'ultime tentation :
Finies les courses ! Vraiment ?
Une fois arrivé aux caisses, il ne reste plus qu'à attendre son tour derrière au moins un ou deux chariots. Voici venu le temps des nombreuses tentations de dernière minute... Qui n'a jamais craqué pour un paquet de chewing-gums juste avant de payer ? Les articles présentés autour des caisses répondent à ces achats d'impulsion : fleurs, magazines, produits régionaux trop tentants, selon la situation du magasin et sa clientèle...

Les coulisses de la grande distribution alimentaire :

Une organisation béton :

Le supermarché concentre de nombreux métiers. Directeur, chefs de rayons, caissiers, poissonniers... Les "responsables" passent commande à la centrale d'achats, qui alimente les magasins d'une même enseigne au niveau régional. Les produits sont achetés en énorme quantité, pour un prix raisonnable. Tôt le matin, les employés s'occupent de la mise en rayon. Au fil de la journée, les produits vendus sont remplacés par d'autres, issus de la réserve : c'est la rotation.  

À vos marques :

En début d'année, les enseignes négocient le prix des produits, afin de dégager la meilleure marge possible : c'est la différence entre le prix d'achat et le prix de vente. Mais avec certaines marques, impossible de négocier ! Il s'agit des produits d'appel, dont la clientèle refuse de se passer : le Coca-Cola, par exemple. Même si le magasin ne gagne quasiment pas d'argent sur la vente d'une bouteille de Coca, il en a besoin pour gue les clients viennent consommer chez lui.

De plus en plus écolos

Ces rayons frais nouvelle génération, munis de portes vitrées, se développent. Ils sont plus économes en énergie que les rayons traditionnels, totalement ouverts. La tendance est à l'écologie et au respect de l'environnement. D'ailleurs, les sacs plastiques a usage unique seront totalement interdits au 1 juillet !.

Y'a plus de saison ?

Soumis à la concurrence, les supermarchés proposent sélection de fruits et légumes aussi variée que possible, de janvier à décembre. C'est pour cela que l'on trouve facilement des produits hors saison importés de l'étranger. Mais qui dit “importé" dit aussi transport, mûrissement en conteneurs, traitements chimiques... Aujourd’hui, les magasins essaient malgré tout de nouer des partenariats avec des agriculteurs locaux. Cool !

La guerre des prix

En france, le secteur agricole est en crise et c’est la grande distribution est pointée du doigt. Elle est accusée de faire pression, lors des négociations commerciales de début d'année, pour que les industriels (les marques) baissent leurs prix au maximum. Du coup, ceux-ci payent moins cher la matière première aux agriculteurs. C’est une vraie terre des prix, au détriment des producteurs de lait et des éleveurs porcs ou de bœufs, les plus touchés par la crise. Les consommateurs, à la recherche des prix les plus bas, ont donc leur part de responsabilité.

La chasse au gaspillage !

En février, une loi contre le gaspillage alimentaire a été adoptée à l'unanimité par le Parlement. Désormais, les grandes surfaces n'ont plus le droit de détruire de la nourriture invendue et encore consommable. Elles la donnent à des associations qui "récoltent" ces surplus.

Un œil sur la concurrence

Pour être compétitifs, pas question d'être beaucoup plus chers (ni beaucoup moins) que la concurrence. Pour être sûres de "s'aligner", les enseignes achètent des relevés de prix de leurs concurrents et modifient les leurs régulièrement.

Ça ne se mange pas mais...

En début d'année Carrefour a racheté le site internet Rue du commerce, spécialisé dans l'électronique. Rachat qui confirme la tendance de la grande distribution à développer le non-alimentaire (20% des ventes pour carrefour). En 2000, Casino avait fait la même chose avec le site Cdiscount.

Clic and drive

Afin de gagner du temps et d'éviter les achats impulsifs, de plus en plus de Français se tournent vers le "drive".
Quelques clics sur le site Internet du magasin... et il ne reste plus qu'à aller chercher le chariot rempli sur place. Certaines enseignes proposent même de livrer à domicile ! Gain de temps garanti ! Mais pour les achats superflus, pas sûr que cette technique soit totalement efficace. D'accord, on ne circule pas entre les rayons, mais les tentations existent parmi les promotions proposées dès la page d'accueil. Et beaucoup d'acheteurs sont réticents à acheter des produits, comme la viande et le poisson, qu'ils aiment voir.

Lexique du jargon de la distribution

  • Supermarché : la taille de l'établissement est comprise entre 400 et 2 500 m .
  • Hypermarché : la surface est égale ou supérieure à 2 500 m2.
  • Casse : marchandises périmées ou abîmées ne pouvant être vendues.
  • Démarque : c’est la casse + les vols et les pertes.
  • Cross merchandising : technique visant a> placer côte à côte deux produits complémentaires, en vue d'augmenter les ventes de I un d eux (ex : un tire-bouchon au rayon vin).
  • DLUO : Date limite d’utilisation optimale. Passée cette date, le produit ne présente pas de danger pour la santé, mais peut perdre en quarte et en goût. Sur l'emballage : "A consommer de préférence avant fin... " ou "avant le... "
  • DLC : Date limite de consommation, appliquée à des denrées périssables, non commercialisées au-delà de cette limite : “A consommer avant le...” ou “jusqu'au..."
  • Facinq : "Faire le facing" désigne l'action de mettre des produits en place dans un rayon, face bien visible.
  • HD : ou Hard Discount. Magasin qui se caractérise par des prix plus bas que la moyenne, du fait d’un choix restreint de marchandises.

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.