Manga, manhwa et anime

Et le Japon conquit la France !. Arrivés chez nous il y a trente ans, les mangas ont un succès fou.
Découvre l'histoire de ces BD asiatiques petit format et ceux qui les aiment ... ou les font.

Astro, Akira et Cie

  •  Akira, un manga de science-fiction, fut le premier à être importé en France.
  • Astro, le petit robot est né en 1952. Il se balade sans cesse entre les cultures des hommes et des machines.

Le terme manga est apparu au 19e siècle pour qualifier les "dessins spontanés” (ou "dérisoires”) de l'artiste japonais HoklISai, connu déjà pour ses estampes ultra-raffinées. En guise de traduction, "suite d’images” colle davantage au manga d’aujourd'hui. Mais au Japon, on parle de plus en plus de kamikku (dérivé du "comic” américain).
Rakuten Kitazawa, mangaka et caricaturiste mort en 1955, serait le père du manga moderne. Puis, vient son admirateur Osamu Tezuka, l'inventeur 6'Astro, le petit robot en 1952, auteur de plus de 150 000 planches qui fondent tout un style. En 1987, un manga japonais est importé pour la première fois en France ! C'est Akira (éd. Glénat). Cette série de science-fiction, signée Katsuhiro Ôtomo, raconte les aventures d’un enfant doté de pouvoirs psychiques extraordinaires, dans une mégapole née de la destruction de Tokyo par des armes nucléaires...

Ça bouge !

Un manga, tu le sais bien, se lit traditionnellement de droite à gauche. À l'intérieur des pages, l'action, très resserrée, se découpe en vignettes plus ou moins grandes et pas forcément alignées.

  • Des lignes de vitesse amplifient les mouvements des personnages.
  • "Fuit", "Slurp", "Gnii"... De multiples onomatopées complètent les dialogues : et les traits.
  • À la fin, une situation ouverte (ou "cliffhanger”) laisse le lecteur en haleine. Suspense... jusqu'au prochain tome.
  • Mangoka = Dessinateur et/ou scénariste de manga.

Ça change !

  •  Au Japon, les mangas paraissent par épisodes dans des magazines hebdomadaires, avant d'être éventuellement édités en petit format, selon les genres, mais aussi l'âge et le sexe du (de la) lecteur(trice).
  • Contrairement aux héros de la BD franco-belge, dont beaucoup affichent une éternelle jeunesse, comme Tintin, les personnages grandissent, vieillissent et meurent parfois.
  • Ils poursuivent un but grâce à des valeurs : dépassement, entraide, etc., et évoluent au rythme de l'histoire.
  • Leurs grands yeux expriment des émotions variées. C'est Ozamu Tezuka qui impulsa ce style inspiré, dit-on, par le regard de Bambi.

One Piece de Eiichirô Oda est, avec ses 82 tomes, le manga le plus vendu au monde : 340 millions d'exemplaires.
12,5 millions de mangas ont été achetés en France en 2015. Soit 25 % du chiffre d'affaires global de la BD.
Trio de tête dans les ventes françaises : One Piece, Naruto et Fairy Tail.

La France aussi a ses pros du manga

  • Manfra = Manga francophone

Le Mangaka. L'insomniaque passionné

Entre la France et les mangas, c'est une véritable histoire d'amour. Notre pays reste le plus gros consommateur au monde... après le Japon évidemment. Et parmi les auteurs, les Français sont de plus en plus nombreux. Mieux vaut ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil quand on en dessine ! Car les lecteurs attendent la suite de leur série, soit un tome tous les huit mois environ. Reno Lemaire, auteur de Dreamland, ainsi a débuté la série Dreamland, (éd. Pika), ou encore Eisa Brants, la créatrice de Save me Pythie, nous embarque dans la Grèce antique d'Appolon, Zeus, Cassandre ... façon manga, (éd. Kana), travaillent au moins 70 heures par semaine.
Lui comme elle sont passionnés par les différentes étapes de la création : scénario et dialogues, découpage de l'histoire, dessin, encrage, puis application des niveaux de gris (appelés "trames"). D'autres dessinateurs travaillent ' en duo, voire en trio.
Au Japon, le mangaka ne compte pas non plus ses heures, de jour comme de nuit, afin de rendre ses dessins chaque semaine ou chaque mois. Généralement, il confie certaines tâches secondaires (le dessin de paysages, d'objets...) à des assistants qui apprennent le métier à ses côtés, dans le studio.

L'éditeur. La tête chercheuse

La plupart des mangas sont japonais. Pour qu'ils trouvent une place sur les rayons de nos librairies, il faut donc que des éditeurs français achètent les droits (ou licences) de séries publiées au Japon. Et la concurrence est rude ! Une offre financière avantageuse et un bon plan marketing feront la différence. Les éditeurs français peuvent aussi faire affaire directement avec des Japonais indépendants. Ahmed Agne, des éditions Ki-oon, se rend ainsi deux fois par an au Comiket de Tokyo, pour y dénicher la perle rare parmi les mangakas amateurs. C'est plus facile lorsque, comme lui, on parle japonais !
Depuis 1975, le Comiket ouvre ses portes deux fois par an, à Tokyo. Cette convention réunit les mangakas amateurs et professionnels.

Le traducteur. Le maillon fort.

1585 séries asiatiques publiées en France en 2015, dont 1 501 mangas japonais* ! C'est dire l'importance de la traduction. Cela fait quinze ans que Fédoua Lamodière effectue ce travail pour différents éditeurs. "Il faut non seulement transposer les dialogues, explique-t-elle, mais aussi les adapter au contexte français." Fédoua se tient au courant des expressions à la mode, au Japon, afin de trouver leur équivalent français. Tout comme les auteurs, elle travaille beaucoup : "Je traduis un tome en trois jours, mais il paraît que je suis une rapide."
* Les autres sont chinois, coréens (on parle alors de "manhuas”), européens.

Du manga à l'anime

Qui dit fan de manga dit, bien souvent, fan d’anime (ou film d'animation japonais, à prononcer “animé").
Les deux univers s'entrecroisent et s'inspirent. Inventé par le développeur Satoshi Tajiri, le jeu vidéo Pokémon s'est décliné en anime et en manga.
Le manga Black Butler de Yana Toboso, au vu de son succès, a été adapté en série télé et aura même droit à son film en 2017... En France, contrairement au Japon, les éditeurs ne possèdent que les droits d'exploitation papier des mangas. Ce sont d’autres sociétés qui diffusent les adaptations inspirées de ces séries.
Black Butler,, c'est l'histoire du comte Ciel Phantomhive, un aristocrate anglais du 19e siècle, au passé tourmenté.

Fans de mangas et cosplayers

" .... Je me sens bien dans mon costume. ..."

Virginie se souvient très bien du jour où sa fille Fleur est tombée dans l'univers du manga :
"Nous étions allées à la Japan Expo de Bruxelles. Elle avait 7 ans et en a pris plein les yeux." Depuis, Fleur est passée de One Piece (Eiichiro Oda) à Tokyo Ghoul (Sui Ishida) et a déjà participé à une quinzaine de conventions comme cosplayer. Ne lui parlez surtout pas d'acheter son costume ! Elle coud elle-même ses habits, se résignant seulement à acheter chaussures et perruques.
Les personnages qu'elle aime incarner sont souvent des garçons, comme Eren Jager, le héros de L'attaque des Titans. "Il est courageux et impulsif, raconte Fleur. Le contraire de moi qui suis très timide au collège. Mais quand j’enfile un costume, je me sens beaucoup mieux dans ma peau. Et les présentations sur scène me permettent de montrer ce que je sais faire." Fleur a plus d’une corde à son arc, en effet. Elle a aussi remporté deux prix au concours de BD scolaire organisé par le Festival d'Angoulême.

  • Otaku = Jeune fan de manga

" ... J'enrichis régulièrement ma collection. ..."

"De super personnages, un dessin excellent, mais aussi une histoire qui fait réfléchir." Voilà, aux yeux de lan, les ingrédients de tout bon manga. Par exemple : Evanqelion dont le héros, Shinji Ikari, est affecté du "dilemme du hérisson". Cet adolescent, replié sur lui-même, évite tout contact avec les autres pour ne pas être blessé par eux. Quant à Kamina, un des personnages de Gurren Lagann, lan vante son charisme :
"À Simon, son frère adoptif, il dit :
« Si tu ne crois pas en toi, alors crois en moi car moi je crois en toi. » C'est le personnage motivant par excellence." lan dépense une vingtaine d'euros par mois pour enrichir sa collection de mangas.

Rendez-vous ... dans les salons.

Des salons qui explorent l'univers du manga, on peut en visiter presque toute l'année !
Au programme : des rencontres avec des dessinateurs, la vente d’objets asiatiques, des spectacles musicaux pop et traditionnels, des stands où manger sushis et takoyakis et des cosplayers en pagaille. Envie d'un petit câlin ? Il suffit de tendre les bras vers celles et ceux qui se baladent dans les allées avec la pancarte “free hugs" (câlins gratuits).

... au Manga café

C’est le Français Ben Kordova qui a eu l’idée d’importer, en 2006, le concept des "Manga kissa”, né trente ans plus tôt à Tokyo. Au Japon, le "kissaten " est un salon de thé, où l'on vient piocher des mangas parmi des milliers de titres afin de les lire sur place... Deux Manga cafés se sont ouvert à Paris et d'autres lieux similaires sont apparus dans le reste de la France.

Où croiser des cosplayers?.
Dans les allées du Japan Expo, au parc des expositions de Villepinte, près de Paris. Le prochain événement se tient du 6 au 9 juillet 2017.

  • Cosplayer = Fan qui se déguise et participe à des conventions.

"Le style japonais a imprimé ma rétine"

3 questions à Reno Lemaire auteur de Dreamland* (édi. Pika).
*14 tomes en 10 ans, vendus à 400 000 exemplaires.

« ... Dreamland, qui met en scène un monde rêvé, est aussi ancré dans la réalité. ... »

  • Pourquoi êtes-vous devenu dessinateur de manga ?
    Je suis de la génération qui a grandi avec les dessins animés diffusés dans le Club Dorothée, à la télé (1987-1997). Il y avait Candy, Les chevaliers du zodiaque et aussi Coldorak, que je dessinais dès l'âge de 3 ans. Ce style particulier a imprimé ma rétine. S'y est également greffé l'amour du Japon. Mais, en tant qu'auteur de BD, c'est avant tout le scénario qui décide du format que je choisis. Celui du manga est particulièrement adapté aux aventures de mon héros, dans Dreamland. Terrence est un lycéen de Montpellier qui va et vient entre sa vie réelle et un univers imaginaire... Mais mon style pourrait un jour évoluer vers autre chose.
  • Pourquoi les jeunes lecteurs sont ils attirés par les mangas ?
    Pour un ado, le principe est séduisant. Il peut acheter un livre qui contient plus de pages qu'une BD franco-belge, tout en coûtant moins cher et dont il aura vite la suite. Quant aux héros, ils grandissent avec le lecteur !
  • Chaque manga véhicule-t-il un message ?
    Le dépassement de soi est au cœur des récits. D'abord perdant, le héros parvient, à force d'obstination, à devenir quelqu'un. Cela n'empêche que ma série Dreamland, qui met en scène un monde rêvé, est aussi ancrée dans la réalité quotidienne d'un lycéen. Mon héros n'ayant pas révisé pendant l'année de terminale, il m'a semblé logique qu'il n'obtienne pas son bac à la fin de l'année.

À lire

  • Histoire du manga, Karyn Nishimura-Poupée (éd. Tallandier).
  • Histoire(s) du manga moderne, Matthieu Pinon et Laurent Lefebvre (éd. Ynnis).

À voir

Les youtubeurs mangas
Sur ces chaînes, les critiques de mangas et d'animes sont à l'honneur.

Note bien

Mars et novembre : Paris Manga et SCI-FI Show (Paris)
Juillet : Japan Expo (Paris) japan-expo-paris.com/fr
Octobre : Animasia (Bordeaux) animasia.org et Anime Game Show (Pau) pags-pau.fr
Novembre : Game Show (Toulouse) toulouse-game-show.fr

Le Geek et l'Otaku : Manga, animé, jeux vidéo, culture asiatique, culture manga, la culture du Japon à travers les mangas.

On se couchera moins bête ce soir ! Comment s'appellent les dieux hindous ?
Les hindous croient qu’il n’y a qu’un seul dieu qu’ils nomment Brahman.
Les autres dieux hindous ne sont que des facettes différentes de Brahman et ils sont nombreux. Parmi eux, les trois principaux sont Brahmâ le créateur, Vishnu le dieu de la paix et Shiva le dieu de la destruction et du renouveau. Mais Vishnu, par exemple, a pris plusieurs formes pour venir sur terre et y ramener l’ordre. La plus connue de ces formes est Krishna. Et il existe encore d’autres dieux, visages du Brahman. Le plus populaire d’entre eux est très certainement Ganesh, le dieu éléphant. Ganesh est un protecteur qui éloigne les obstacles. Les hindous l’invoquent à chaque moment important de leur vie quotidienne.