La Saint-Jean est souvent oubliée aujourd'hui, mais autrefois, c'était une fête très attendue : lorsque les soirées sont longues et douces, au mois de juin, quel plaisir de danser autour du feu !

Le solstice d'été

Au moment du solstice d'été, le 21 juin, le soleil se trouve, pour l'hémisphère Nord, à son plus haut point dans le ciel. C'est le jour le plus long de l'année. Dans les pays situés au nord du cercle polaire arctique, le soleil ne se couche même plus : c'est le fameux soleil de minuit.

Les feux du solstice

Cette fameuse nuit du solstice d'été avait, disait-on, des vertus surnaturelles. Les hommes avaient coutume d'allumer de gigantesques feux cérémoniels. Cette tradition séculaire avait pour but de purifier la nuit des sorcières, des lutins et autres esprits follets.

Une tradition christianisée

L'Église jugea diabolique la pratique de ces grands feux païens Elle s'empressa de les christianiser et décida de célébrer, le 24 juin la fête de la naissance de saint Jean Baptiste.

Jean Baptiste, un homme de lumière

Avec Le Christ et La Vierge, saint Jean Baptiste est le seul saint dont on célèbre la naissance. Habituellement, pour fêter un saint, on choisit la date de sa mort, c'est-à-dire sa « naissance au ciel ». On ne sait pas quand est né Jean Baptiste. L'Église a situé sa naissance au moment du solstice d'été. Ce choix est symbolique. Dans la Bible, il est écrit qu'au moment de baptiser Jésus dans le Jourdain, Jean Baptiste s'est exclamé : « Il faut que lui grandisse et que, moi, je diminue. » Jean Baptiste est comparé au soleil qui commence à décliner à partir du solstice d'été.

Jean le Baptiste

Jean Baptiste était le cousin de Jésus. Il menait, comme les prophètes, une vie d'ascète sur les bords du Jourdain. Vêtu de peau de bête, il se nourrissait de sauterelles et de miel, et annonçait le venue du Royaume des cieux. Les gens venaient nombreux et lui demandaient le baptême. À cette époque, c'était une coutume assez répandue en Palestine. Même Jésus vint voir son cousin pour recevoir le baptême. La notoriété grandissante de Jean Baptiste inquiéta le roi de Jérusalem, Hérode Antipas. Il le fit emprisonner avant de le décapiter, en l'an 28.

L'autre Jean, l'autre solstice

À l'inverse, le 27 décembre, au moment du solstice d'hiver, alors que les jours sont les plus courts, l'Église fête saint Jean l'Évangéliste. Au début de son évangile, Jean compare la venue du Christ à une lumière qui brille dans les ténèbres, comme le timide soleil de l'hiver. C'est pour cela qu'un dicton populaire dit que « Jean et Jean se partagent l'an ».

Allumer le feu !

La pratique des feux de la Saint-Jean n'a pas disparu. Le bûcher peut atteindre parfois vingt mètres de haut ! En général, on le construit sur des collines pour qu'il soit visible de très loin. On le décore de fleurs, de feuillages et de plantes aromatiques. Les petits maLins y cachent aussi des marrons, qui exploseront sous l'effet de la chaleur. C'est le personnage le plus important du village ou de la ville qui fait craquer l'allumette. On chante et danse autour du feu. C'est pour cela qu'on appelle ces bûchers enflammés des « feux de joie ».

Un feu symbolique

Selon la tradition, les époux, fiancés ou amoureux sautent pardessus Le feu encore allumé pour que leur amour s'intensifie. Dans certaines régions, on faisait dévaler des collines des roues enflammées, qui terminaient leur course dans la rivière en contrebas. C'était une manière de signifier que la course du soleil s'arrêtait cette nuit-là.

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.