Une date choisie AU HASARD ?.

Le 25 décembre, les chrétiens fêtent la naissance de Jésus, qu'ils considèrent comme le fils de Dieu. Pourtant, dans la partie de la Bible qui raconte sa vie, il n'est pas précisé à quel moment de l'année est né Jésus. Pourquoi a-t-on choisi le 25 décembre et pas le 10 août, par exemple ?

Bible

Dans la Bible, quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean, rapportent, dans leur récit qu'on appelle un évangile (en grec, cela veut dire « bonne nouvelle »), la vie et le message de Jésus. Pour les chrétiens, Jésus est le fils de Dieu. Dans la Bible, on parle rarement du jour de naissance d'une personne. Seuls les grands hommes païens y ont droit, comme Pharaon, roi d'Égypte, ou Hérode. On trouve le récit de la naissance de Jésus dans les évangiles de Luc et de Matthieu, mais les auteurs n'entrent pas dans les détails.

C'est l'hiver

Qu'il est triste, ce long mois de décembre ! Et froid. Et sombre. Le soleil se lève tard, se couche tôt. Il fait nuit quand on part à l'école, il fait nuit quand on en revient. Heureusement, le 21 décembre, l'espoir semble renaître. C'est le solstice d'hiver : les jours commencent tout doucement à s'allonger. Curieuse coïncidence, c'est au moment même où le soleil renaît que les chrétiens célèbrent Noël, la naissance de Jésus Christ.

Solstice

En hiver, dans les pays de l'hémisphère Nord, le solstice correspond à la nuit la plus longue de l'année. Après le 21 décembre, les jours s'allongent. Le solstice d'été, le 21 juin, marque le jour le plus long. Le soleil commence alors à décliner. Dans l'hémisphère Sud, c'est exactement le contraire. En Australie, on fête Noël en maillot de bain sur la plage après avoir installé un petit sapin de Noël synthétique sous le parasol !.

Faire la fête en décembre ?. Rien de neuf !

Les chrétiens ne sont pas les premiers à choisir cette époque de l'année pour faire la fête. Depuis la nuit des temps, craignant que le soleil ne se lève plus du tout, les hommes ont célébré des fêtes en plein hiver, comme pour l'encourager à briller plus longtemps et plus fort.

Les Saturnales des Romains

Durant l'Antiquité, les Romains organisent du 17 au 24 décembre de grandes fêtes en l'honneur de Saturne, le dieu des semailles et de l'agriculture. Ce sont les Saturnales. Pendant une semaine, c'est le monde à l'envers: l'esclave peut se moquer de son maître ou s'enivrer comme lui sans crainte de représailles. La nuit, on se réunit pour d'incroyables beuveries. Et, comble de l'horreur, on tire au sort le Roi des Saturnales, qui clôture la fête en se donnant la mort. Tout ça pour apaiser la colère de Saturne et favoriser la prochaine récolte !

Mithra, le dieu à la mode

Mais en 75 après Jésus Christ, des soldats romains découvrent en Asie Mineure, l'actuelle Turquie, un culte qui les séduit, celui du dieu persan Mithra. Mithra serait né d'un rocher le... 25 décembre !
Un jour, le Soleil lui ordonne de tuer un taureau puis d'en répandre le sang dans les champs pour que la nature renaisse. Le sacrifice accompli, Mithra monte sur un char solaire pour prendre place dans le ciel. C'est pour cela qu'on l'appelle aussi le Soleil invaincu. Le culte de Mithra connaît un succès foudroyant, qui dure plus de trois siècles. On le fête particulièrement fin décembre.

Les chrétiens jaloux

Et Noël, dans tout ça ? Justement, Le culte de Mithra et Les fêtes des Saturnales, de véritables orgies, ne sont pas vraiment du goût des chrétiens. Mais, il faut bien l'avouer, le succès de ces grands rassemblements festifs leur donne envie !. Ah !. Si seulement les chrétiens pouvaient, eux aussi, célébrer avec autant de faste la venue de Jésus Christ !. Mais comment savoir quand il est né ?.

Inventons un anniversaire à Jésus !

Au début du IVesiècle après Jésus Christ, le pape Sylvestre Ier avait encouragé les chrétiens de Rome à célébrer la Nativité du Christ le 25 décembre. En 336, dans un almanach, une sorte de calendrier, on peut lire pour la première fois : « 25 décembre : fête païenne de la renaissance du soleil et Naissance du Christ à Bethléem de Judée.» Noël est né !

Noël

Le mot « Noël » a une origine mystérieuse : peut-être vient-il du latin natalis (« naissance »), ou de novella, qui désigne, au Moyen Âge, un cri de joie pour annoncer la naissance d'un homme important ; ou encore de deux mots gaulois, noio (nouveau) et hel (soleil).
Dans la plupart des langues, pour « Noël », on dit « naissance » : natale en italien, natividad en espagnol, natal en portugais. En anglais Christmas signifie « messe du Christ ». En allemand, Weihnachten veut dire « nuits sacrées ». Dans ce pays, Noël est toujours fêté durant deux jours, les 25 et 26 décembre.

Un succès immédiat

La fête s'étend alors rapidement à toute la chrétienté, depuis les rives du Nil, en Égypte, jusqu'en Irlande. Un peu partout, on voit apparaître dans les églises de belles répliques en bois de la crèche de Bethléem. Noël devient une des fêtes les plus populaires de l'année.

Crèche

La crèche, c'est à la fois la grotte et la mangeoire où naquit Jésus. La première crèche, c'est bien sûr celle de Bethléem, la ville où Jésus est né. Au Ve siècle, on réalise à Rome une copie en bois de la crèche de Bethléem. Au Moyen Âge, on multiplie la construction des crèches dans les églises. Les chrétiens viennent adorer l'enfant Jésus, représenté par une statue en bois. En 1223, à Greccio, en Italie, François d'Assise installe le soir de Noël une mangeoire emplie de paille et y amène un âne et un boeuf. Cette première crèche vivante sera imitée dans toute la chrétienté.

Santons

Peu de temps après la Révolution française de 1789, en 1803, la première foire aux santons a lieu à Marseille. Un santon (du provençal santoun, « petit saint ») est un personnage en argile que l'on place dans la crèche. Son inventeur est le sculpteur marseillais Jean-Louis Lagnel (1764-1822). Il créa les santons à un sou pour que chacun puisse posséder sa propre crèche.

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.