Le 24 décembre est arrivé.

Tout le monde participe aux préparatifs du réveillon.
On sort l'argenterie, on apprête la table, on s'affaire à la cuisine. À la nuit tombée, chacun s'habille de neuf.
Noël étant une fête familiale, tous ont fait l'effort de venir, parfois de très loin.

Bûche et bougies

L'attente de la messe de minuit se passait autrefois en prières, jeux et chants de Noël. Mais avant cela, il y avait la cérémonie de la bûche. La tradition de la bûche est attestée en Allemagne au XIIe siècle. Elle se répand ensuite partout en Europe.
Le conduit de la cheminée donnant directement sur l'extérieur, on croyait que les puissances maléfiques se faufilaient par cette ouverture pour pénétrer dans la maison. Raison pour laquelle on choisissait une grosse bûche afin qu'elle se consume durant toute la nuit de Noël, apportant vie, lumière et chaleur. Coupée dans un arbre chargé de fruits ou vigoureux comme le chêne, elle promettait l'abondance des récoltes à venir et la fécondité dans les familles. On en conservait tout au long de l'année des cendres et des charbons auxquels on attribuait des vertus protectrices.
Dans certaines régions comme la Suisse, avant de brûler la bûche, les enfants la frappaient avec des bâtons pour en extraire des friandises. En Provence, le plus jeune et l'aïeul de la famille déposent la bûche (cacho fio en provençal) dans la cheminée. Ils l'aspergent ensuite de vin, parfois aussi d'huile d'olive, de sel (pour chasser les mauvais esprits) ou de miel, tout en récitant une prière. La disparition des cheminées au cours du XXe siècle a mis fin à la tradition de la bûche. Elle est remplacée par la bûche à la crème au beurre, créée en 1875 par un pâtissier parisien, ou la bûche glacée.
Les bougies se sont substituées à la bûche. On veille à ce qu'elle ne s'éteignent pas avant la fin de la soirée. Sur la table provençale, trois bougies évoquaient la sainte Trinité ou les étapes de la vie : l'une figurait les parents morts, la seconde les vivants et la troisième ceux qui allaient naître.

Des mets à profusion

Le repas de Noël, appelé réveillon, est copieux.
Il a lieu le soir du 24 décembre ou le 25 à midi (on ne parle plus alors de réveillon). Déjà à Rome, les Saturnales étaient l'occasion de grands festins. Plus les mets étaient nombreux et plus l'année à venir s'annonçait prospère. Jusqu'au début du XXe siècle, on garde une place vide à table pour le pauvre ou l'étranger de passage. Selon les régions et les familles, ce repas précède ou suit la messe de minuit. Chez les catholiques autrefois, il y avait le repas maigre (soupes, poissons) avant la messe de minuit et le repas gras (volaille, viandes, dessert) ensuite. Le nombre de plats est souvent symbolique. Ainsi, en Pologne, le repas comporte douze plats, un pour chaque mois de l'année. En Provence, il y a autant de légumes que de jours dans la semaine. Ils sont suivis par treize desserts, symbolisant le Christ et ses douze apôtres, qui doivent absolument comporter des fruits frais, secs ou confits, de la fougasse ou pompe à huile, des nougats blancs et noirs, des calissons ou autre confiserie locale.
Aujourd'hui, les plats traditionnels, coûteux, tendent à s'uniformiser : huîtres, saumon, foie gras, dinde ou chapon farcis de marrons, de pommes, boudin blanc ou porc, bûche en France, Christmas pudding en Angleterre. ... La truffe, mets de luxe, agrémente souvent le foie gras, la dinde ou le boudin blanc. Le repas est copieusement arrosé de vins fins et l'on trinque à la santé de tous, présents ou absents, avec le champagne.

Bon réveillon et joyeux noël !

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.