Les masques de Carnaval : origines et histoire

L'origine du masque se perd dans la nuit des temps, mais elle est incontestablement sacrée, et on en trouve des traces chez tous les peuples de la Terre. En Occident, dans le théâtre antique, le masque composait l’essentiel du costume de l'acteur. Comme seuls les hommes avaient le droit de jouer la comédie (comme en Chine avant la révolution, ou comme c’est encore le cas au Japon pour le théâtre Nô), ils portaient des masques représentant des visages de femmes. Il ne leur restait plus qu'à se travestir en revêtant le costume féminin. Au début, les masques étaient confectionnés avec des feuilles, des écorces, et plus tard, avec des toiles peintes et du bois. Il existait environ vingt-cinq sortes de masques tragiques et quarante de masques comiques. À cette époque, le masque avait pour but de montrer un autre visage, et non de cacher celui qui le portait.

Le mot « masque » vient de l’italien masche-ra « faux visage », lui-même issu du mot maska « noir» et de masca« sorcière », « spectre », « démon ». Les plus anciens déguisements consistaient à se noircir le visage et parfois même le corps (d’où le mot « mascarade », dont le sens actuel se rapproche de la notion de carnaval). C'est au XVIe siècle qu'il prend le sens courant de « visage que l'on met pour se déguiser ». Le masque désigne alors non seulement l'objet, mais aussi la personne qui le porte. Le plus élémentaire des masques porte le nom de « loup » : c’est le plus souvent une simple bande d'étoffe noire, que l’on portait au bal ou pour passer incognito (celui de Zorro est très simple ; alors que celui de Batman est déjà un peu plus élaboré). À la fin du bal, après s'être amusé avec des personnes inconnues, on « levait le masque », ou on « jetait le masque », bref on mettait « bas les masques » pour révéler à son interlocuteur son vrai visage.

Avant de porter un masque, on s'est peint le visage et le corps. Par-delà les continents et les cultures, il semble qu'il y ait une sorte de symbolique universelle pour les couleurs de base.
D’origine minérale (ocre), animale (cochenilles, murex), végétale (garance, santal, cartha-me, etc.), le rouge est la couleur du sang, de la vie. Elle est souvent employée dans les mariages orientaux. En Chine, par exemple, dans le langage populaire, « l’affaire rouge » c'est le mariage. Rouge est le costume des joueurs de luo (gong) et de suona (clarinette), rouge le costume de la mariée cachée dans le palanquin (rouge) qui l'emmène dans la maison de son futur époux. Le rouge est donc censé représenter la joie... Opposé au rouge, et contrairement à la civilisation occidentale, ce que les Chinois appellent « l’affaire blanche » n'est autre que l’enterrement !

Dès la préhistoire, le rouge, utilisé dans les rites funéraires, représente le mythe du feu et de la vie. L'ocre rouge, tirée de la terre fertile, a la couleur du sang et symbolise l'énergie vitale et la fécondité. Dans l'Egypte ancienne, le rouge symbolisait le feu et l’amour. Dans l'Antiquité grecque et romaine, le rouge c'était le feu, le sang, le vin, l’ivresse. Dans le monde chrétien, le rouge symbolise également le feu et le sang, mais aussi l'amour divin.

Pour les anciens Égyptiens, les Grecs et les Romains, le bleu représentait l'air, la sagesse et le ciel ; le vert, l'espérance et le renouveau de l’esprit.
La couleur blanche est particulière puisqu'elle a pris, selon les cultures, des significations diamétralement opposées : triste ou gaie. Le blanc vient de la poussière d'argile, c'est-à-dire d'une terre stérile, il est donc associé au deuil et à la purification. Pourtant, pour les chrétiens, le blanc est l'image de la pureté, la lumière, la joie et l'innocence, le triomphe, la gloire et l’immortalité.

Le noir, quant à lui, évoque la nuit menaçante et le chaos d'avant la création du monde ; il est signe d'impureté. Par exemple, en Afrique, les jeunes initiés, lors du passage de l'adolescence à l'âge adulte, se peignent le corps en noir pour symboliser le chaos dont ils vont émerger.

La peinture corporelle est éphémère, elle cherche à transgresser l’ordre établi, Le tatouage et la scarification, eux, sont permanents, Dans les sociétés tribales, le marquage, fréquemment pratiqué au moment de la puberté, s'accompagne de l’attribution d'un nouveau nom qui authentifie la nouvelle identité.
Tatouage : le mot
Introduit en Occident au XVème siècle, il aurait été rapporté de Polynésie par James Cook qui écuma l'océan Pacifique avant d’être tué au: Sandwich. En effet, dans son journal (Vo 1777), il écrit que les Tahitiens, homirv femmes, pratiquaient le tatau, ou tatou, su férentes parties du corps, non seulem comme une forme de parure, mais ai comme une marque du sexe et une prote tion contre les esprits. Notez au passage qw le mot « tabou » vient lui aussi du polynésien tabu, ou tapu, qui désignait ce qui était sacré, interdit, ce que les profanes ne pouvaient toucher sans commettre un sacrilège. Tatou, tabou, les sonorités sont biet proches. Il est alors assez amusant de consta ter qu’en Europe, le tatouage, qui fut longtemps l’apanage des marginaux, des marins, des militaires, de ceux qui voulaient marquer leur appartenance à un groupe clos, a toujours été, et reste encore aujourd'hui, quelque chose d'un peu tabou...

Tatouage : mode d’emploi
C'est douloureux, voire dangereux ! Dans la tradition, les tatouages sont faits par des artistes qui travaillent d’abord l'ivoire, le bois ou la pierre, et ne s’attaquent à l’épiderme humain qu'après un long apprentissage auprès d'un maître. On implante sous la peau* des points de couleur sombre par des piqûres faites avec une pointe, ou un instrument d'os ou d'ivoire en forme de peigne dont les dents sont couvertes de pigment. On enfonce l’instrument dans la peau à l'aide d’un maillet (marteau). Les Esquimaux, eux, se servent d’une aiguille et d’un fil enduit de suie qu’ils passent sous la peau comme s'ils faisaient de la tapisserie. Aujourd’hui, en Europe, les tatouages d'art sont à la mode. Quant à la scarification, pratiquée, par exemple, par certaines ethnies africaines, c'est une technique différente qui procure un certain relief à la peau, coupée avec une lame. La plaie est alors remplie d'une substance colorée qui l’empêche de « bien » cicatriser.

Le henné menhendi
Entre maquillage et tatouage, le henné - d'origine végétale - est particulièrement apprécié en Orient. Contrairement à ce que l'on a coutume de croire, ce n’est pas une exclusivité d'Afrique du Nord, où son utilisation relève pourtant d'une très grande tradition. Par exemple, les femmes râjastânies, en Inde, l’utilisent pour décorer leurs mains et parfois leurs pieds. Les dessins sont censés placer celle qui les porte sous de bons auspices. Les motifs simples sont souvent des figures géométriques élémentaires, cercles ou triangles, auxquelles on ajoute des fioritures telles que des feuilles, des fleurs... Seules les femmes occidentales s’en servent pour teindre leurs cheveux.

Un chapeau est, premièrement, utile car il répond aux impératifs climatiques : il protège du soleil, du froid, de la pluie, etc. deuxièmement, ornemental, car chaque pays ou groupe social le conçoit son propre génie culturel.
Qui porte le chapeau ?
Le mot chapeau vient du latin capellus et cappa, qui signifient « coiffe » et plus généralement « ce qui couvre ». Le chapeau a une troisième fonction, quelque peu oubliée de nos jours : il trahit le statut social de celui qui le porte. Au Moyen Âge, le couvre-chef fournissait des indications sur le pays d’origine, la région, le niveau social et le métier. Ceux qui allaient « tête nue » se situaient au plus bas de l'échelle sociale. D'ailleurs l'expression « être né coiffé » désignait celui qui avait de la chance, qui réussissait dans la vie.

En plus du chapeau, on porte aussi des perruques. Elles réapparaissent au xve siècle, pour disparaître un peu avant la Révolution, Même les religieux, pourtant contre cet usage pendant longtemps, cèdent à la mode des longues perruques bouclées. Sur un plan religieux, il était d’ailleurs inadmisssible et inconcevable de ne pas avoir la tête couverte dans un lieu de culte - ceci est encore valable de nos jours chez les musulmans, les juifs et les chrétiens non-europ-péens. Au xixe siècle, le chapeau oppose le bourgeois à la casquette de l'ouvrier ; quant à la « femme convenable », elle ne sortait jamais de sa maison « en cheveux » I Difficile à imaginer de nos jours où nous sommes si fiers d’arborer une chevelure « naturelle »... ou incroyablement sophistiquée.

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.