Étape par étape, comment faire un film d'horreur:

Bien sûr, on sait que c'est pour de faux...
Mais ces films nous font quand même mourir de trouille et c'est pour ça qu'ils nous attirent tant. La peur au cinéma, c'est tout un savoir-faire...

L'horreur au cinéma, c'est un savant dosage de suspense, d'angoisse et d'épouvante. Quand le sang coule à flots, on y ajoute la touche "gore". Et si l'histoire tourne autour d'un groupe de jeunes poursuivis par un maniaque qui veut les couper en rondelles, on parle alors de "slasher", un genre imaginé rien que pour les ados. Pour alimenter ce trouble plaisir de se faire peur, les scénaristes truffent leurs films de tueurs sans scrupules, de vampires ou de zombies ! Rien de nouveau là-dedans. Dès les origines, il y a 120 ans, le cinéma s'est amusé à faire peur grâce à Frankenstein, Dracula, King Kong...
Des monstres au look d'enfer!

Mais pour réaliser un film gui file bien les chocottes, les monstres ne suffisent pas. Le talent et le savoir-faire sont indispensables pour réussir à inquiéter, suggérer et, au final, manipuler les spectateurs. La tendance du moment est aux improbables animaux mutants ou aux craintes liées à Internet. Aux États-Unis, les productions les plus flippantes forment une industrie à gros budget et très rentable. Grâce aux réseaux sociaux qui assurent la promo, le jeune public se retrouve autour du plaisir d'un frisson collectif, comme dans un train fantôme. Alors, quels sont les trucs qui donnent la chair de poule à tous les coups ? Réponse dans cet article qui n'est pas interdit aux moins de 16 ans ;-)

La recette de la PEUR

Ça y est, le film "s'installe" et la tension monte : timing étudié, décors inquiétants, musique suggestive. ... On a déjà froid dans le dos !

Un rythme d'ENFER

Dans un film d'horreur, tout est question de rythme et d'adrénaline. Accélérations, répits, effets de surprise.
Pause à nouveau... Scream est un modèle du genre. " En général, le film démarre par une intro. Une scène violente, de meurtre par exemple, puis un générique pour calmer le jeu", explique un scénariste.
Vient ensuite la scène d'exposition : où est-on ? Qui est qui ? Les personnages auxquels on s'attache ont un caractère bien défini : le timide, la délurée, le costaud, etc. Comme dans un jeu de rôle. Ils sont perdus, il n'y a plus d'essence dans la voiture. De ce pépin va découler un méga problème car les égarés vont forcément s'adresser à la mauvaise personne ! Y-a-t-il un réel danger ? Le doute est permis et le film ne se prive pas d'abuser des fausses alertes en faisant sursauter les spectateurs. Mais ces derniers sont vite confrontés à l'évidence : ce n'est pas une plaisanterie. Le tueur a isolé ses victimes en crevant les pneus de leur voiture ou en coupant l'électricité... Sauve qui peut !
Et ça va ainsi crescendo jusqu'au générique de fin. Là, on souffle enfin!

Un lieu MAUDIT

Une demeure délabrée, une cave sinistre : le choix des lieux est crucial. Parfois même, ce décor est un personnage à part entière, comme la maison dans Amityville, qui a sans doute causé quelques cauchemars à tes parents... Un lieu délimité et menaçant, comme une forêt, fera l'affaire, tout comme un vaisseau spatial perdu dans l'espace (Alien). Même banale, une maison peut devenir très inquiétante grâce à quelques éclairages travaillés des angles et autres coins de portes. Ces endroits sombres renvoient aux peurs de l'enfance et aux monstres cachés sous les lits. Le réalisateur sculpte ombres et lumières, ce que l'on voit et ce que l'on devine. Après, on ne regarde plus sa chambre du même œil...

Une musique INQUIÉTANTE

Illustrative puisqu'elle souligne les péripéties, la bande musicale introduit un sentiment d'étrangeté, qui renforce le climat d'angoisse. D'abord discrète, elle s'emballe jusqu'au cri de la victime... et celui du spectateur. Parfois, la musique remplace l'image sanglante que le cinéaste épargne au public. Les sonorités stridentes de la fameuse scène de la douche dans Psychose ont marqué des générations depuis 1960. Ce thème musical et ses violons qui s’emballent restent une référence que l'on doit au grand maître du suspense, Alfred Hitchcocl Plus récemment, dans Les dents de la mer, la ban son du requin qui approche reste un must. Ajoute à ces musiques bien choisie quelques portes qui grincent ou autres craquements suspects... et l’atmosphère devient bientôt glaçante. Bref, les effets sonores sont fondamentaux. D’ailleurs, en cas de coups, ils seront doublés en post-productic pour en amplifier l'impact.

La technique de l'horreur

Des effets très SPÉCIAUX

Qu'ils soient "bricolés" sur le plateau ou confectionnés en images de synthèse, les effets spéciaux font passer pour vrai ce gui ne l'est pas. Un défi pour les as de la triche ! "D'abord, on dépouille le scénario, en notant ce qui relève des effets. Puis on rencontre le réalisateur, afin de confronter nos envies et nos visions, raconte Frédéric Lainé, un responsable d'effets spéciaux.
Il faut établir un devis car la matière première coûte cher. Tout dépend du budget du film et des axes de caméra. Quand un impact de balle est filmé d'un seul côté, le public ne voit évidemment pas les tuyaux qui font gicler le sang. S’il faut tout filmer, il y aura davantage de travail pour cacher la tuyauterie."
Anxieuse face à l'avenir, notre époque multiplie les récits de fin du monde. D'où le grand retour des zombies... qui pourraient être nous ! Un vrai délire pour les équipes de The Walking Dead, où les plaies béantes et les mâchoires arrachées ne se comptent plus. Greg Nicotero, véritable star des effets spéciaux sur cette série en vogue, explique qu'il démarre toujours par les prothèses de dents. Grâce à un moule en latex, celles-ci sont posées sur le visage des acteurs. La foule des morts-vivants est ajoutée, dans un deuxième temps, par le numérique.

Des accessoires de MALADE

Dans Massacre à la tronçonneuse... il y a "tronçonneuse". Pour le prochain numéro* de cette saga ! démarrée en 1974, il a fallu chercher en Bulgarie, où avait lieu le tournage, un engin , des années 1950 et en faire le moulage. La vraie tronçonneuse pesait 15 kilos. La réplique, seulement 2... Le sang artificiel, quant à lui, s'achète à des fournisseurs, au prix d'une vingtaine d'euros le litre.
Sa texture, mais aussi sa couleur, sont capitales : trop rouge, le film peut être interdit aux mineurs.
La censure ne s'applique pas tant à la quantité d'hémoglobine à l'écran qu’à son apparence, jugée parfois trop réaliste par les commissions. Pour le "marché" allemand, par exemple, les productions doivent afficher le moins de sang possible et le plus sombre qui soit, pour échapper à l'interdiction. Question de culture...
* Son titre : Leatherface

Un cadrage FLIPPANT

Le spectateur adore être en avance sur l'action. Il s'efforce de deviner ce qui va se passer : il aime être "intelligent”. Selon l'endroit où est posée la caméra, celui qui regarde peut se tenir au côté du tueur, aussi bien qu'à la place des possibles victimes. Dans les "Found Footage", qui se présentent comme des vidéos amateurs, ce sont les personnages eux-mêmes qui filment. L'impression d'être dans la vraie vie est poussée à l'extrême pour une identification encore plus grande. Le Projet Blair Witch, premier grand succès de ce type, a fait des petits. Il y a eu les Paranormal Activity et, plus récemment, Unfriended. Le pitch ? Des lycéens tchatent sur Skype, quand un mystérieux inconnu s'incruste pour semer la terreur. Autrement dit, plus la caméra est "subjective”, plus on est plongé au cœur du drame...

Glissons-nous dans un studio d'effets spéciaux pour découvrir les coulisses d'un film d'horreur tellement effrayants que c'est impossible de les regarder tout seul !

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.