Fêter le travail, d'accord, mais en se reposant. Quel paradoxe que ce 1er mai, jour chômé pour rappeler la valeur du travail !.Mais pour que les hommes obtiennent ce droit, la lutte fut longue et parfois violente.

Quand les vacances n'existaient pas

Au début du XIXe siècle, les grands pays occidentaux, comme la France, l'Angleterre, les pays germaniques ou flamands, mais aussi les tout nouveaux États-Unis d'Amérique, s'industrialisent très vite. On construit de gigantesques usines.
Les conditions de travail des ouvriers sont déplorables : hommes, femmes et même enfants travaillent douze à quinze heures par jour, sept jours sur sept, durant toute l'année. Les vacances n'existent pas, les jours fériés sont très peu nombreux, limités aux grandes fêtes religieuses.

Quelques timides progrès

En 1841, bonne nouvelle : les enfants de moins de treize ans n'ont plus de droit de travailler !. Avant, cette interdiction ne concernait que les enfants de moins de huit ans !. À peine sortis du berceau, les enfants étaient jetés dans le monde du travail, au mépris de leur santé et de leur éducation. Il est vrai que l'école n'était pas encore obligatoire.
Autre petite révolution : en 1864, la grève n'est plus considérée comme un délit. Mais elle reste sévèrement réglementée.

Le dangereux bilan du 1er mai

Traditionnellement, aux États-Unis, le 1er mai était le jour où les entreprises commençaient leur année comptable. Pour les patrons, c'était donc l'heure des bilans. Si les comptes étaient mauvais, les employés risquaient de se retrouver au chômage.

Des 1er mai meurtriers

En 1886, les organisations ouvrières choisissent ce jour pour organiser une grève. Elles réclament huit heures de travail par jour, pas plus. À Chicago, cette grève se termine dans un bain de sang, qui provoque la mort de trois ouvriers. Le lendemain, une bombe explose et tue deux policiers. Un terrible massacre s'ensuit. Six militants ouvriers sont pendus.

Une tradition se crée

Trois ans plus tard, en 1889, le Congrès international socialiste choisit le 1er mai comme journée internationale de revendication. Depuis, ce jour est marqué par des grèves et des manifestations, parfois sévèrement réprimées. Le symbole arboré par les ouvriers qui manifestent en défilant est un triangle rouge. Il symbolise la séparation de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisir.

Le dimanche n'a que 100 ans !

C'est seulement depuis 1906 que le dimanche, on se repose !. Avant, on travaillait 7 jours sur 7, plus de 8 heures par jour, et même le 1er mai !.

Des manifestations ou des petites vacances ?

Aujourd'hui, ce jour est célébré dans la plupart des pays industrialisés, sauf aux... États-Unis, où la fête du travail est célébrée le premier lundi de septembre. Ce qui permet aux travailleurs de bénéficier tous les ans d'un long week-end de repos !

Un jour chômé !

En 1941, en France, le maréchal Philippe Pétain est au pouvoir. Le 1er mai correspond à la Saint-Philippe (aujourd'hui, cette fête a lieu le 3 mai).
Le Maréchal saute sur l'occasion et transforme le sens de la journée : le 1er mai n'est plus l'occasion de revendications sociales mais un jour qui exalte la valeur du travail. Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les choses changent.
En 1947, le 1er mai devient une fête légale, chômée et payée.

Le muguet porte-bonheur

Fête du travail ou pas, le 1er mai est surtout connu pour son muguet. On raconte que le roi Charles IX offrit, le 1er mai 1561, quelques brins de muguet aux dames de la cour. Depuis le XVIIIe siècle, la coutume veut que le 1er mai on offre à celles et ceux que l'on aime un brin de muguet comme porte-bonheur. Après la Seconde Guerre mondiale, à l'invitation du journal communiste L'Humanité, les militants travailleurs se mirent à vendre au bord des routes des brins de muguet. Aujourd'hui, un décret autorise toute personne à vendre du muguet sur la voie publique... mais seulement le 1er mai !

On se couchera moins bête ce soir ! Comment le renard construit sa maison ?
Il creuse trois terriers sous la terre : un petit, très frais, pour passer l'été, un plus grand, pour s'abriter l'hiver, et un dernier où il place ses réserves de nourriture.