“On peut tous être addictes”

Jouer aux jeux vidéo pendant des heures, tchater avec ses copains sur les réseaux sociaux toute la journée... Les écrans nous hypnotisent. Mais peut-on parler de dépendance ? À quel moment devient-on "accro" ?

Les écrans sont-ils dangereux ?

C'est évident : télé, ordinateur, tablette ou téléphone vampirisent notre temps ! Une heure, deux heures, trois heures par jour... Mais les écrans commencent à être néfastes dès lors qu'ils nous privent de sommeil, de nos activités ou de nos sorties. Autre danger : s'isoler chez soi en ne communiquant avec ses amis que par écrans interposés. Fini, le contact physique, le rendez-vous en chair et en os. Ce phénomène de “hikikomori” est répandu au Japon, où il touche un million d'adolescents : enfermés dans leur chambre, ces derniers ne vont même plus en cours !

Etre dépendant, ça veut dire quoi ?

Cela signifie se montrer excessif dans un type de comportement ou dans la consommation d'une substance (nourriture, tabac, alcool...), jour après jour, au point de ne plus pouvoir s'en passer. Rien de grave à se jeter sur une tablette de chocolat, un après-midi de gourmandise ! Ni à surfer quatre heures sur Internet, un dimanche pluvieux. Un abus une fois de temps en temps ne fait de mal à personne !
C'est la répétition hors-norme qui pose souci, parce que le corps finit par se dérégler. Les crises comportement, de boulimie entraînent des prises de poids ; et l'anorexie (ces filles qui s'affament) bloque la croissance. Plus grave encore, arrêter ce comportement ou la prise de telle substance peut s'avérer compliqué, car on ressent un "manque" qui se traduit par une souffrance physique.

Le risque n'est-il pas de se couper des autres ?  

Si. Et ce qui est étrange, c'est, qu'au départ, on accepte souvent une cigarette ou un verre d'alcool (par exemple) pour partager un bon moment avec ses potes et oser se faire de nouveaux amis. Mais parfois, ce "coup de pouce” du début devient un boulet : on n'est plus soi-même et l’entourage ne suit pas. À la longue, l'addiction s'installe, devient une obsession... et remplit toute une vie. Le secret ? Trouver ses limites personnelles pour éviter cette "désintégration".

Est-on égaux devant l'addiction ?

Non, pour plusieurs raisons. D'abord, il y a un facteur génétique : certains ressentent du plaisir à consommer toujours plus. Et d'autres, pas du tout ! L'environnement joue aussi beaucoup. Un adolescent en rupture scolaire ou peu entouré par sa famille, voire livré à lui-même, a davantage de "chances” de céder aux tentations. Et plus encore si les parents sont eux-mêmes pris dans la spirale. Par exemple, les enfants de gros fumeurs succombent plus volontiers à la nicotine. Il existe aussi une inégalité entre les sexes, même si les différences s'estompent. Les garçons sont initiés plus tôt aux drogues. Quant aux soucis alimentaires, ils concernent toujours neuf filles pour un garçon.

C'est quoi, la "spirale infernale" ?

Souvent, en matière de drogues (alcool ou cannabis, etc.), les consommations successives vont faire appel à des produits de plus en plus toxiques. C'est très loin d'être systématique, mais le haschich peut conduire à la cocaïne ou à l'héroïne. Et ceux qui ont déjà fait plusieurs expérimentations auront plus tendance à essayer "quelque chose de nouveau”. Côté monde virtuel, les jeux en réseau déclenchent aussi ce genre d'escalade. Les participants vont rechercher des systèmes d'affrontement de plus en plus prenants, dans le vivier des MMOG, les "jeux en ligne massivement multijoueurs", qui peuvent mener à la no life : en oublier sa vie “réelle" !

Comment se débarrasser d'une addiction ?

Comment s'en sortir ou aider un(e) ami(e) ? C'est compliqué. Les discours du type “tu es en train de te faire du mal" ont peu d'efficacité. Les pneumologues appelés dans les collèges pour y montrer des radiographies de cancers du poumon étaient rarement écoutés... Comment s'identifier à cette menace lointaine, quand on a 13 ou 14 ans ? Aujourd'hui, on sait qu'il est plus astucieux de laisser des "pairs" (en l'occurrence, des ados plus âgés) se charger de la prévention, en partageant leurs expériences. Ceux qui sont déjà en détresse peuvent recourir à deux solutions anonymes et gratuites : appeler le "Fil santé jeunes"* ou aller dans une "maison des adolescents" pour poser n'importe quelle question sur le corps, la santé, les relations avec les autres...
* www.filsantejeunes.com

Est-ce le mal du 21e siècle ?

Avec la diffusion ultrarapide des images, l'accès facile aux informations ou la simplicité pour consommer, les jeunes sont sollicités de plus en plus tôt, à un âge où ils sont encore Les ados sont influençables. Ceci dit, la grande à un âge où majorité d'entre eux ils sont encore n'ont aucun problème influençables, d'addiction ! Et si les "outils" ont changé, notamment avec l'essor d'Internet, l'éducation reste la même : il faut toujours apprendre à lire, à compter, et surtout, à vivre en compagnie des autres. L'adolescent d'aujourd'hui a autant besoin de sa famille et de ses amis que celui du 19e ou du 20e siècle !

Les ados et la dépendance

  • En France, 1 adolescent sur 2 passe plus de 3 heures par jour devant un écran.
  • 8% des élèves de 4e et 16% des élèves de 3e fument régulièrement.
  • 34% des 3e dient avoir déjà connu une expérience d'ivresse alcoolique.

Commentaires   

0 #2 Oriane 11-03-2016 07:35
Je fais de l'équitation et je poste beaucoup de photos sur Instagram. Je tchate aussi tous les jours sur Facebook... mais toujours selon mes activités. J'ai des copines, elles, qui pianotent sur leur portable... même quand on est assise en face d'elles !
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0 #1 Bartholomé 11-03-2016 07:34
J’adore les jeux vidéo de guerre. Mais je me fixe des limites. Pendant l'année scolaire : trois parties maximum par jour. Car ces jeux sont fatigants. Mais pour moi, qui préfère les parties à plusieurs, c’est l’occasion de partager du temps avec mes copains.
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